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Le compositeur
Poème n°26
Dans un compartiment, de ce train qui m'emporte,
Pour un peu de détente, bien loin de Paris,
Se trouve un tout jeune homme, face à moi, assis,
Noircissant du papier, sans que rien lui importe.
Devant lui des feuillets, placés sur la tablette,
J'y distingue très bien, les lignes des portées,
Où par moments, des notes griffonnées, il jette,
Mélomane affamé de croches compliquées.
Casque sur les oreilles, le compositeur
Rythme un fond musical, inaudible d'ailleurs,
En pianotant des doigts, sur la table vernie,
Comptant fébrilement, les temps de l'harmonie.
La phrase musicale prend tout son essor,
En dépassant parfois, un peu de la portée,
Mais réintègre ensuite, sa cage tracée
De fin barreaux couchés, dans le ton de l'accord.
J'assiste ainsi, voyeur, à cette mise en page,
D'un écrit mélodieux, en création,
J'ai si peur d'effrayer, la bonne muse sage
De mon voisin guidé, par l'inspiration.
En savourant l'aspect, esthétique et graphique
De sa partition, incapable, j'étais,
De transposer cela, en refrain de musique,
Pour avoir une idée, de l'air qu'il composait.
Pourrais-je un jour entendre, cette mélodie,
Dont la naissance m'a tellement subjugué ?
S'il avait seulement, peint ou bien dessiné,
J'aurais pu admirer une œuvre de sa vie.
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