Dans le fond du tiroir, une photo jaunie,
Laissée là, par hasard, témoin d’une autre vie,
Elle semble dater, d'un temps assez ancien,
Fut prise en un bistrot, disparu, c’est certain.
Dans cette salle immense, au décor suranné,
Quatre piliers de bronze, un plafond ajouré,
Où la clarté s'immisce par la verrière,
Que l'on sent grandiose, envoûtante et fière.
Aux tables, sont assis, quelques hommes âgés,
Ils portent des Melons ou bien des Canotiers,
La moustache est de mise en mil neuf cent quatorze,
Ils causent du conflit, la guerre n'est pas rose…
Debout, on voit des femmes, elles ont remplacé,
L'équipe des garçons, toute mobilisée,
Chacune bravement, s'investit et travaille,
Tandis que tous ces jeunes affrontent la mitraille.
Tous dans ce vieux café, à ce moment ignorent,
Qu'il va leur en coûter, quatre années, tant de morts.
La vie semble paisible, irréelle et figée,
Alors que depuis peu, la guerre est déclarée.
Dans le fond du tiroir, une photo jaunie,
Laissée là par hasard, témoin d'une autre vie,
Sur les ailes du temps, elle m'a emmené,
M'offrant de découvrir un soupçon du passé.